ORIGINE


ORIGINE
ORIGINE

L’âge classique et l’époque des Lumières ont mis au point une démarche consistant à aborder les objets de leur réflexion à partir de leur origine : origine de la société, origine des connaissances, origine des langues, origine de l’inégalité parmi les hommes. La question est de savoir s’il s’agit là d’une démarche historique ou bien d’un procédé visant à un dévoilement de l’essence de l’objet étudié. En tout cas, les philosophes qui y ont recours s’appuient le plus souvent sur une reconstruction intellectuelle de l’événement supposé fondateur: une telle opération représente donc autant une réduction à ce sans quoi la chose ne peut pas être qu’une découverte des véritables antécédents chronologiques de celle-ci.

L’actuel et l’originaire

L’appel à l’origine ne doit pas être confondu avec une fondation historique: pour ceux qui s’y réfèrent, en effet, le temps n’a pas de force fondatrice; ils sont au contraire en lutte avec ceux qui se réclament de la force des siècles et du poids de la tradition. La polémique entre Filmer, l’auteur du Patriarcha (posthume, 1680), et Locke est à cet égard révélatrice. Le premier justifie la monarchie de droit divin en faisant remonter le pouvoir des rois au pouvoir paternel d’Adam sur l’ensemble de l’humanité. Locke lui oppose une reconstruction de l’origine de l’État à partir de ceci seulement qu’on peut trouver dans la nature humaine: la propriété que chacun a de son corps et d’où l’on déduit celle des fruits du travail, et les raisons de sûreté et de sécurité qui mènent les individus à s’associer dans le pacte initial qui donnera naissance à la société civile.

À des arguments qui prétendent tirer leur valeur démonstrative de l’histoire – et le fait que cette histoire soit celle de la Bible ne doit pas abuser, la réfutation est anti-historique et non antithéologique –, est donc opposée une démonstration qui va chercher la véritable origine dans les puissances et les actes d’un individu isolé, qui indique, par son exemple, quelles sont les possibilités contenues dans la nature, avant le stade de l’institution. L’institution, précisément, ne sera fondée que sur ces possibilités et tout ce qui les excède sera dès lors réputé hors nature. Ainsi, chez Locke, la démarche originaire exclut la légitimité d’un gouvernement absolu. Le gouvernement ne tirant ses pouvoirs que de ce qui lui a été conféré par les individus au moment du pacte, il n’a nullement le droit d’attenter aux libertés naturelles sur lesquelles il n’a pas acquis de contrôle. Ce qui est censé s’être déroulé au moment de l’originaire sert de norme pour ce qui se déroule maintenant et ce qui n’a pas pu avoir lieu, compte tenu des données fondatrices à quoi l’on a réduit la situation première, ne doit plus avoir lieu dans les situations réelles. Autrement dit, le fait reconstruit sert d’idéal pour les faits connus historiquement.

L’origine, dans ces conditions, n’est pas ce qui est premier dans le temps: elle dévoile ce qui est premier dans l’ordre, et cette primauté permet d’introduire une norme qui n’apparaisse ni comme une simple exigence morale, ni comme un commandement de la volonté divine. Elle se déduit de la nature même de la chose, sans que puissent lui être opposées les formes concrètes prises par cette chose dans son développement historique.

Rousseau est sans doute celui qui a pensé le plus à fond ce statut de l’origine, dans la Préface du Second Discours . Il faut, dit-il, «démêler ce qu’il y a d’originaire et d’artificiel dans la nature actuelle de l’homme»: c’est donc qu’«originaire» s’oppose à «artificiel» et non à «actuel»; l’actuel combine les deux caractères: une nature qui a été recouverte et les sédiments – l’artifice – qui la recouvrent; mais, même cachée, la nature demeure toujours présente, et c’est pourquoi il faut effectuer ce geste de dévoilement, puisqu’elle continue à gouverner en quelque manière ce qui la voile. Au reste, il ne faut pas croire qu’il y eut un temps où elle existait nue, et même s’il y en eut, cela ne tire pas à conséquence, car c’est d’essence qu’il s’agit et non de faits. Il nous faut connaître un état qui n’existe plus, souligne Rousseau, «qui n’a peut-être jamais existé [...] et dont il est pourtant nécessaire d’avoir des notions justes pour bien juger de notre état présent». Peu importe que dès le commencement l’essence se soit trouvée mêlée à des impuretés historiques qui empêchent de jamais la découvrir seule. La démarche originaire consiste à l’isoler intellectuellement de ces impuretés, et non à rechercher ce commencement empirique qui n’a pas de privilège.

L’état de pure nature

Chez Rousseau, la démarche théorique est facilitée par l’introduction du couple de concepts pure nature-société commençante, qui a le double mérite d’éviter les ambiguïtés et de nous permettre de saisir comment s’élabore un tel procédé de pensée. Tout le Second Discours repose sur la distinction entre deux états de nature: d’une part, l’état de société commençante, qui est chargé d’amorcer le mouvement historique, et où l’on trouve la première réunion des hommes, les débuts de l’industrie, de l’agriculture et de l’organisation familiale; d’autre part, le «véritable état de nature», où l’homme est totalement isolé et totalement libre, «sans industrie, sans parole, sans domicile, sans guerre et sans liaison». Non seulement ce dernier n’a pas de relation de continuité avec l’histoire, mais encore tout ce qui en est dit conduit logiquement à ce qu’un point de départ historique soit impossible à trouver en lui. Ainsi, les ponts entre l’origine et l’historique sont définitivement coupés. Le rôle théorique du véritable état de nature est de montrer ce qu’est l’homme, élément du tout social, dans ce qu’il a d’irréductible à ce tout plutôt que dans ce qu’il a d’antérieur a lui, ce fonds irréductible se déduisant à la fois de sa constitution physique et de l’élimination des «dons surnaturels» dont le dote la théologie comme des «facultés artificielles» dont l’a muni le progrès.

Il ne s’agit là que de dégager, sans qu’il y ait dans ce raisonnement aucune critique ni contre le progrès, ni contre une économie du salut, ce sans quoi rien ne peut avoir lieu, à savoir le noyau central constitué par la volonté libre, la faculté de se perfectionner, l’amour de soi et la pitié naturelle. Même si ce noyau n’a jamais existé seul, toute Cité, bien ou mal construite, ne pourra qu’être édifiée sur lui. C’est pourquoi, par exemple, l’inégalité civile n’est pas nécessaire, elle ne se conclut historiquement que de l’état de nature empirique qu’est la société commençante. C’est précisément à souligner cette absence de nécessité que sert l’insistance à ne supposer entre les deux états de nature que «le hasard» ou «un concours fortuit de causes étrangères».

Quant au modèle utilisé par Rousseau, il a été forgé dans un tout autre domaine. La théologie médiévale opposait la nature intègre d’Adam avant le péché et la nature blessée de l’espèce humaine vivant dans le péché originel. À l’occasion des discussions sur la Grâce, la seconde scolastique, à l’époque de la Contre-Réforme, a été amenée à élaborer le concept d’un état de pure nature, dont il est explicitement assumé qu’il n’a peut-être jamais eu de réalité historique, mais qui doit servir de fondement aux autres. Il représente ce qu’aurait pu être la nature humaine si elle avait existé sans grâce ni péché. Les autres états ne sont donc caractérisés que par des additions à ce fondement inchangé.

On comprend mieux ainsi pourquoi les théoriciens de l’état de nature s’inquiètent si peu en général de recherches historiques concrètes. C’est que les notations de cet ordre (qu’elles soient empruntées à la Bible, aux écrivains de l’Antiquité classique ou aux récits de voyageurs) n’ont qu’une valeur d’exemple pour ainsi dire pédagogique; elles ne concernent nullement le centre de la démonstration. «Écartons tous les faits» semble être la maxime de l’origine, puisque le fait est de l’empirique qui tout au plus gêne la vue de l’essentiel. Naturellement, un tel type de discours ne conserve sa cohérence que si l’on admet que l’originaire est présent encore et actif au sein du dérivé. Autant dire que cet état est beaucoup plus en dessous qu’avant . Il est bien plutôt de l’ordre du transcendantal que de celui du chronologique.

Le geste inaugural

Une seconde confusion à éviter consiste à assimiler le recours à l’origine à une revendication du retour. Même lorsqu’elle sert à dénoncer comme illégitime un état actuel, la démarche originaire n’est pas un «primitivisme», car vouloir revenir à un temps premier serait encore accorder du prix au temps. La source de cette confusion, souvent exploitée par les adversaires d’une telle méthode de raisonnement – il suffit de songer, précisément, à ce que l’on a pu attribuer à Rousseau comme rêve de retour à la sauvagerie et à l’état animal –, tient à ce que le procédé, lorsqu’il sert à critiquer la société existante, permet de le faire dans un style radical puisque rien de ce que la tradition a ajouté aux éléments fondamentaux ne parvient à se justifier, aux yeux de qui l’interroge, par la seule force des siècles. Ce qui ne parvient pas à se découvrir une racine dans l’individu originaire est alors vite rejeté comme abus, préjugé, exception irrationnelle.

Mais on ne saurait réduire ce type d’analyse à sa version critique: elle peut tout aussi bien donner lieu à des versions conservatrices. C’est ce que Rousseau reproche à Grotius, et, au XIXe siècle encore, le livre d’Adolphe Thiers, De la propriété , utilisera le même recours à l’individu lockien pour assurer sur ses bases la société ébranlée par les journées de juin 1848 et refuser pêle-mêle le socialisme, les ateliers nationaux et l’impôt proportionnel. Tout dépend de ce qu’on place dans l’état originaire, et il est caractéristique qu’aucun des auteurs n’y place exactement la même chose. Ces différences initiales se répercutent donc dans l’état dont l’origine doit rendre compte. Ainsi, dans le cas de la société civile, ceux qui, comme Hobbes, assimilent l’état de nature à un état de guerre rendent nécessaire un abandon total de l’individu à la souveraineté qui sera créée par le pacte social; au contraire, ceux qui imaginent l’état originaire comme susceptible déjà d’un certain développement pacifique rendent l’urgence du pacte moins pressante, et plus libéral le souverain qui en est issu.

Il faut noter qu’on peut lire dans les deux sens le rapport de l’origine à l’histoire: si cette dernière a davantage la valeur d’une condition de possibilité que d’un commencement, et si son temps n’est pas un passé parce que, au fond, ce n’est pas un temps du tout, réciproquement, le temps réel, celui qui rythme le cours des choses, se voit dans une telle conception refuser toute valeur. Simple réceptacle de principes qui le dépassent, il laisse se dérouler une histoire vide sans y rien modifier. Pour les philosophes des Lumières, parler d’une histoire qui n’est pas celle de l’esprit humain, c’est aligner massacres, guerres et disputes qui n’ont d’autre sens que de réaffirmer quelques principes déjà connus: méfaits de l’ignorance et de la superstition, universalité de la propriété, conséquences détestables de la tyrannie. Si l’origine est ce qui explique, donc ce qui norme, l’histoire réelle n’explique rien, car tout ce qui y a sens y relève d’autre chose qu’elle; elle ne conserve en propre que l’anecdote.

Il demeure cependant une troisième sorte de temps: celui qui s’ordonne au geste inaugural du Sujet. Car c’est à cette figure que se noue celle de l’origine quand on la pousse dans ses derniers retranchements. En effet, puisque l’origine rassemble, par un geste du Sujet, ce qui était déjà là, dispersé mais somme toute prêt à être rassemblé, il y a donc un avant et un après distribués autour de cet acte fondateur. Bien loin que ce soit l’histoire qui fonde l’origine, c’est donc l’origine qui fait apparaître ce substitut d’histoire très simple – car de l’avant à l’après, rien n’a changé de ce qui était dans les choses; simplement, le Sujet a porté sur elles un regard constituant. Il suffit de délayer un peu dans la durée ce qui est ainsi inauguré pour découvrir la notion de progrès. Cette dernière, en effet, ne fait guère qu’étaler sur plusieurs instants les conséquences de l’acte subjectif, mais elle demeure dans le même registre puisque ces instants divers s’unissent dans une direction unique, sans régression ni divergence. Seule une hésitation tenant au manque de lumières peut retarder le progrès. Mais on ne découvre ainsi aucun des parcours réels qui font la trame de l’histoire réelle. Finalement, une telle histoire tend à être surtout celle des progrès de l’esprit humain.

L’attaque principale contre les théories de l’origine et leurs corollaires viendra des traditionalistes du XVIIIe et du XIXe siècle, à qui une doctrine substituant la réalisation du doit-être à la pesanteur des faits est impensable. C’est au fond l’idée principale de Burke, lorsqu’il part en guerre contre l’illusion qu’un remaniement moderne, décidé par la seule raison naturelle, a juridiction sur ce que le poids des siècles a accumulé de sagesse et d’équilibre concret dans une institution. Pour lui, un tel équilibre n’est nullement un artifice que l’on devrait retrancher pour lire à nu la forme pure d’un gouvernement, il est au contraire le résultat du lent procès de constitution d’un phénomène qui doit être minutieusement soupesé plutôt qu’analysé par une raison géométrique.

Une autre critique viendra de Marx: lorsque celui-ci s’en prend aux «robinsonnades» des économistes, il leur reproche d’isoler en en cherchant la source dans un individu unique des faits qui ne peuvent se comprendre que comme produits de rapports sociaux déterminés. Le procédé servirait donc à inscrire dans une prétendue nature ce qui est en réalité le résultat de circonstances définies et transformables.

Parmi tous les exemples du recours tenace à l’origine comme révélation, il en est un qu’il faut citer à part, car il déborde largement le XVIIIe siècle, bien qu’il y trouve sa meilleure justification théorique: c’est la tentation d’une expérience directe de l’originaire, soit par l’observation d’individus par hasard tenus à l’écart de la civilisation (les «enfants sauvages»), soit par l’expérimentation qui consiste à isoler des enfants pour juger de leurs premières réactions, voir s’ils parleront (et en quel langage? car on tiendrait peut-être là la langue archaïque de l’humanité), savoir enfin comment ils deviendront humains. C’est l’initiative qu’on attribue au pharaon Psammétique, et que Volney commentera pour en tirer des conclusions condillaciennes, ou à Frédéric II de Hohenstaufen. Dans les deux cas, il s’agit de lire, s’il se peut, l’émergence de l’humain dans la lumière de sa nature même hors de toutes les circonstances qui d’habitude l’obscurcissent. Exigence fascinante promise à une belle fortune littéraire, comme en témoignent le Frankenstein de Mary Shelley et le Gaspard Hauser de Wasserman.

origine [ ɔriʒin ] n. f.
XVe; orine 1138; lat. origo, inis
I
1Ancêtres ou milieu humain primitif auquel remonte la généalogie d'un individu, d'un groupe. ascendance, extraction, parenté, souche. Rechercher ses origines. racine. Il est d'origine française, irlandaise. Nationalité, pays d'origine. terroir. Milieu social d'où est issu qqn. naissance. Être de noble origine, d'origine modeste. Porter la marque de son origine (cf. La caque sent toujours le hareng). « on sentait son origine paysanne, assez basse, à ses vêtements » (Aragon ). Pedigree (d'un animal).
2Époque, milieu d'où vient une chose. Une coutume d'origine ancienne. « Un messianisme d'origine chrétienne et bourgeoise » (Camus).
Origine d'un mot. étymologie; 1. dérivation. Mot d'origine grecque, d'origine inconnue.
3Point de départ (de ce qui est envoyé). provenance. L'origine d'un message, d'un appel téléphonique. Endroit d'où (qqch.) provient. Origine d'un produit. Appellation d'origine.
4Point à partir duquel on mesure les coordonnées. Math. Origine d'une demi-droite. Origine d'un système de coordonnées : le point d'intersection de tous les axes du système. — Géogr. Méridien d'origine.
II
1Commencement, première apparition ou manifestation. création, naissance. À l'origine du monde, des temps. Absolt Loc. adv. À L'ORIGINE : au début. « À l'origine, on utilisait, pour faire des liens, certaines tiges souples d'osier » (Duhamel). DÈS L'ORIGINE : dès le début. — Loc. adj. D'ORIGINE : qui provient du lieu indiqué; primitif, originel. Vin d'origine. Pièces d'origine. Ces aménagements ne sont pas d'origine.
2Au plur. Commencements, formes anciennes d'une réalité qui se modifie. genèse. Les origines de la vie, du langage.
3Ce qui explique l'apparition ou la formation d'un fait nouveau. cause. Origine d'une révolution. « Le diplôme fut l'origine de sa définitive réussite » (Céline). Avoir son origine dans qqch. source. Il est à l'origine de cette décision. Affection d'origine virale.
⊗ CONTR. Destination. 1. Fin.

origine nom féminin (latin origo, -inis) Commencement, première apparition ou manifestation de quelque chose : Les théories sur l'origine de la vie. Lieu, contexte d'où est issu quelque chose : Des mots d'origine latine. Point de départ de ce qui est envoyé, adressé, distribué : Quelle est l'origine de cette nouvelle ? Classe sociale, milieu, groupe, pays, dont quelqu'un est issu : Un homme d'origine bourgeoise. Ce qui provoque l'apparition de quelque chose, ce qui en est la source, ce qui en explique la formation, l'apparition, la création : Une maladie d'origine nerveuse. Biologie Point d'attache d'un organe, partie proximale. Mathématiques Une des deux extrémités d'un arc paramétré. ● origine (citations) nom féminin (latin origo, -inis) Joseph Joubert Montignac, Corrèze, 1754-Villeneuve-sur-Yonne 1824 Tous les êtres viennent de peu, et il s'en faut de peu qu'ils ne viennent de rien. Pensées Louis Massignon Nogent-sur-Marne 1883-Paris 1962 Notre finalité est plus que notre origine. In Dieu vivant n° 4 Charles Maurras Martigues 1868-Saint-Symphorien 1952 Académie française, 1938 Aucune origine n'est belle. La beauté véritable est au terme des choses. Anthinéa Flammarionorigine (expressions) nom féminin (latin origo, -inis) À l'origine, au tout début. D'origine, qui vient directement de la région où il a été produit, du producteur, de la source même qui est indiquée, etc. : Vin d'origine ; qui était là à l'origine : Les pieds du meuble ne sont pas d'origine. Être à l'origine de quelque chose, en être la cause ou le point de départ. Origine de propriété, énonciation, dans un acte de vente immobilière, des faits et des actes établissant la propriété du vendeur. Origine d'une demi-droite, borne de cette demi-droite. Origine d'une droite graduée, point auquel est associée l'abscisse zéro. Origine d'un repère affine, point par lequel passent tous les axes de coordonnées et dont les coordonnées sont toutes égales à zéro. Livre des origines françaises (L.O.F.), livre généalogique des races canines, tenu par la Société centrale canine. ● origine (synonymes) nom féminin (latin origo, -inis) Commencement, première apparition ou manifestation de quelque chose
Synonymes :
- création
- genèse
Contraires :
- fin
Point de départ de ce qui est envoyé, adressé, distribué
Synonymes :
- point de départ
Classe sociale, milieu, groupe, pays, dont quelqu'un est issu
Synonymes :

origine
n. f.
d1./d Principe, commencement. L'origine de la vie.
(Plur.) Des origines à nos jours.
|| Loc. adv. à (ou dès) l'origine: au (ou dès le) commencement.
d2./d Cause, source. L'origine d'une guerre.
d3./d Point de départ généalogique, milieu d'extraction (d'une personne, d'un groupe). Origine des Peuls. être d'origine paysanne.
d4./d Temps, lieu, milieu dont une chose est issue; provenance. Mot d'origine bantoue.
Origine d'un envoi.
Produit d'origine, dont l'origine (de lieu ou de fabrication) est attestée.
d5./d MATH Point à partir duquel sont définies les coordonnées d'un point.
d6./d (Suisse) Acte d'origine: document officiel établissant le droit de cité d'une personne de nationalité suisse.
Commune d'origine, dans laquelle un citoyen suisse jouit du droit de cité.

⇒ORIGINE, subst. fém.
I. —Point de départ.
A. —Synon. de commencement.
1. Gén. au sing. Première apparition, première manifestation d'un phénomène; instant où celle-ci se (s'est) produit(e). L'origine des âges, de l'histoire, du monde; reprendre les choses à l'origine. [La] fondation [de l'Hôtel-Dieu] remonte presque à l'origine de la monarchie: la tradition la plus commune l'attribue à saint Landry, évêque de Paris, sous Clovis II, vers l'an 608 (JOUY, Hermite, t.4, 1813, p.300). Certains restes humains avaient été attribués au Pliocène, ce qui aurait fait remonter l'origine de l'homme à l'époque finale des temps tertiaires (Hist. sc., 1957, p.1416). V. commencement C 2 ex. de Ozanam:
1. ... je décidai de constituer, sans plus attendre, le noyau de mon futur grand quartier général, et en particulier, de réunir les officiers du Bureau des opérations; de cette façon, ils pourraient suivre les événements dès leur origine.
JOFFRE, Mém., t.1, 1931, p.220.
Origine première:
2. L'homme a créé de l'art avant d'en parler, et c'est pour expliquer cette activité essentielle (...) qu'il s'est un jour posé la question: «Qu'est-ce que l'art?» Retournons donc à l'origine première, au fait initial: l'oeuvre, et plus précisément encore à l'oeuvre peinte, domaine des images...
HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p.65.
2. Au sing. ou au plur. Circonstances de l'apparition d'un phénomène. Synon. genèse. Origine de la vie; origine des espèces; origine des idées, des religions; origine du mal; les origines historiques du modernisme. Les anciens se rapprochoient beaucoup plus que les philosophes modernes des traditions hébraïques sur l'origine du langage (BONALD, Législ. primit., t.1, 1802, p.62). Voyages d'art. —15 h.: L'Institut, ses origines, ses traditions (Le Figaro, 19-20 janv. 1952, p.2, col.1):
3. S'il n'est plus possible, d'un point de vue scientifique, de considérer l'essence de l'homme comme toute différente de celles des Animaux et des Végétaux, l'homme n'en reste pas moins au terme de l'évolution biologique. De ce fait, l'étude de ses origines se situe au coeur même de la biologie.
Biol. t.2 1970.
3. Au sing. ou au plur. Phase primitive (d'une histoire), stade initial (d'une réalité qui évolue). Les origines de l'humanité. Dans l'origine des langues, presque chaque mot est une métaphore, et chaque phrase une allégorie (CONDORCET, Esq. tabl. hist., 1794, p.42). Plus que jamais je pense que la période des origines (...) du christianisme (...) finit vers la mort de Marc-Aurèle (RENAN, Marc-Aurèle, préf., 1881, p.11):
4. Un regard est sans cesse dirigé vers les filiations antérieures à toute histoire et remonte vers les origines de l'homme —«Race avant le déluge» «Destruction des géants» «Les races».
DURRY, Nerval, 1956, p.96.
4. Absolument
a) Au plur. Les origines de l'homme, de l'humanité, de son histoire. Récit, mythes des origines. Si l'on remonte aux origines, on doit reconnaître que ce n'est pas dans les contrées où elle sévit aujourd'hui, qu'est née l'architecture de briques; mais dans les régions sèches de l'Ancien Monde (VIDAL DE LA BL., Tabl. géogr. hum., 1921, p.150). À l'âge d'or des origines [dans la mythologie grecque], les hommes ont été proches des dieux, et ils ne le sont plus (Mythol. 1981, p.199).
L'homme des origines. Nous sommes (...) dans le monde de pensée de ce philosophe [Hamann], lorsque l'homme des origines nous est présenté comme «l'organe grâce auquel la nature put se contempler elle-même» (BÉGUIN, Âme romant., 1939, p.104). Le plus naturel pour l'homme des origines était de s'abandonner au cours de sa vie sensible, puisque sensations et sentiments tissent la substance même de notre durée intérieure (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p.26).
b) Au sing.
) Loc. adv.
À l'origine. Au début, primitivement. Essayez de l'École des langues orientales, dit obligeamment M. Bergeret. C'était excellent à l'origine (A. FRANCE, Bergeret, 1901, p.72):
5. Outre les mots venus à l'origine de l'ancien allemand, par l'intermédiaire du latin médiéval, l'allemand moderne a donné au français flamberge, fifre, sabre, vampire, rosse, hase, bonde, gamin...
GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p.80.
Dans l'origine (vieilli). Même sens. Dans l'origine, Dieu (après avoir passé une éternité sans rien faire) prit enfin le dessein, sans motif connu, de produire le monde de rien (VOLNEY, Ruines, 1791, p.174). Le rôle d'Orphée fut écrit dans l'origine pour une voix de contralto (BERLIOZ, À travers chants, 1862, p.112).
Dès l'origine. Dès le début, dès le départ. Il y a des sciences et des arts qui semblent atteindre dès l'origine et sous l'inspiration d'un seul homme de génie toute la perfection possible dont ils ne font guère ensuite que décheoir (MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p.160). Ses sentiments, déterminés dès l'origine et invariablement attachés au même objet, n'avaient pas fléchi (FROMENTIN, Dominique, 1863, p.225):
6. L'expérience préhistorique, sur laquelle je me suis longuement étendu, parce qu'elle est un témoignage exceptionnel, unique, sur la genèse du sens artistique, entraîne plusieurs conclusions: la tendance figurative et la tendance abstraite apparaissent dès l'origine et de pair...
HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p.124.
) Loc. adj. D'origine. Originel, primitif. [La basilique] du monastère de Sainte-Agnès [à Rome] (...) offre toutes les conditions des basiliques d'origine (LENOIR, Archit. monast., 1852, p.109):
7. ... sitôt servi le potage à la tortue, le père se lève (...) tout en tenant un discours assez décousu. —De la tortue, ça, vous voulez rire! Servez-moi la tortue dans sa carapace d'origine ou alors ce n'est plus un repas de famille.
PRÉVERT, Paroles, 1946, p.44.
B. —Gén. au sing. Ce qui détermine, ce qui provoque l'apparition d'un phénomène; cause. Déceler, élucider l'origine du mal, de ses ennuis; scruter les origines d'une transformation. Elle a assez vécu pour voir, après six mois, son amant lui préférer une autre femme, et une femme origine de tous leurs malheurs (STENDHAL, Rouge et Noir, 1830, p.504). La troisième période commença lorsqu'on découvrit qu'on pouvait comparer les langues entre elles. Ce fut l'origine de la philologie comparative ou «grammaire comparée» (SAUSS. 1916, p.14). La personnalité du Führer allemand (...) [a] joué un rôle important dans les origines du conflit (DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p.568).
Loc. verb.
Qqc.1 a qqc.2 pour origine. La fortune de Métivier, l'une des plus considérables du commerce de la papeterie, a eu cette affaire pour origine. Pendant dix ans, il eut, sans concurrence possible, la fourniture des journaux de Paris (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p.745). Tout droit a pour origine des coutumes. Il est impossible de trouver aucune origine réellement volontaire (SCELLE, Fédéralisme eur., 1952, p.38).
Qqc.1 a, trouve son origine dans qqc.2/chez qqn. Le plain-chant a son origine chez saint Grégoire (BARRÈS, Cahiers, t.5, 1907, p.292). Pénurie et spéculation ont leur origine dans la gigantesque rafle des produits stratégiques déclenchée au début de la guerre de Corée (L'Humanité, 19 janv. 1952, p.1, col. 5-6):
8. Qui dit son, dit variation de pression de l'air au voisinage du tympan; cette variation de pression a son origine dans la source sonore et parvient à l'oreille en se transmettant de proche en proche...
MATRAS, Radiodiff. et télév., 1958, p.12.
Qqc.1 doit son origine à, tire son origine de qqc.2 Comme l'accord parfait majeur, (...) [l'accord parfait mineur] tire son origine de la résonnance du corps sonore, quoique d'une manière moins immédiate et plus artificielle (SAVARD, Harm., t.2, 1853, p.43):
9. Je me souviens qu'étant enfant je m'étais formé des idées assez singulières du soleil et du ciel. Je les rapporterai ici, parceque tout sert à l'histoire de l'esprit humain, et que les premiers systèmes des peuples doivent souvent leur origine à des idées d'enfant.
BERN. DE ST-P., Harm. nat., 1814, p.288.
Qqc.2 est, se trouve à l'origine de qqc.1 L'avouerai-je? Je me trouve à l'origine de ce scandale (COCTEAU, Parents, 1938, p.181). Je fis sans aucune gêne mes excuses à Anne. Elle me dit qu'elles étaient inutiles et que la chaleur devait être à l'origine de notre dispute (SAGAN, Bonjour tristesse, 1954, p.130). Les anomalies individuelles peuvent être à l'origine d'une race ou d'une variété nouvelle et même d'une espèce (Hist. gén. sc., t.3, vol.1, 1961, p.534).
Attribuer, rapporter l'origine de qqc.1 à qqc.2 Pourquoi toutes les allégories par lesquelles on a cherché à expliquer l'existence du mal en attribuent-elles l'origine à la volonté perverse de l'homme, avant ou après sa naissance? C'est confondre le mal avec le péché (MÉNARD, Rêv. païen mystique, 1876, p.76). Les conceptions exposées plus haut relativement à l'origine des cyclones rapportent cette origine à des phénomènes se produisant dans la basse atmosphère (MAURAIN, Météor., 1950, p.95).
Chercher, voir l'origine de qqc.1 dans qqc.2 C'est dans un trouble de la pensée qu'il (...) [faut] chercher l'origine de certaines aphasies (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p.204):
10. Mac Lennan (...) assimile le totémisme à une véritable religion et il voit en lui l'origine de tous les cultes primitifs qui divinisent les animaux ou les plantes. Son étude met en relief le rôle historique essentiel que le totémisme a dû jouer dans la genèse et l'évolution des idées religieuses.
Hist. sc., 1957, p.1499.
(D')origine + adj. Origine empirique d'une émotion; origine matérielle, rationnelle d'un phénomène; énergie d'origine chimique, mécanique. L'instrument logique ou mathématique s'applique à des principes dont tout le monde reconnaît l'origine expérimentale; telle est, par exemple, la gravitation universelle (Cl. BERNARD, Principes méd. exp., 1878, p.212). Tous ces phénomènes sont d'origine électromagnétique et sont liés entre eux (SCHATZMAN, Astrophys., 1963, p.49):
11. Il arrive que des parents normaux produisent des sujets monstrueux, soit par suite d'une rencontre de gènes latents, soit parce qu'il s'est produit, dans le germe de l'un d'entre eux, une mutation, d'origine inconnue comme toutes les mutations naturelles.
CUÉNOT, J. ROSTAND, Introd. génétique, 1936, p.110.
PATHOLOGIE
[L'adj. indique la nature de l'agent pathogène] Inflammation, paralysie d'origine traumatique; maladie d'origine congénitale, virale. Dans cette affection, toujours d'origine microbienne, les méninges rachidiennes s'enflamment à leur tour (GARCIN, Guide vétér., 1944, p.129). OEdème (...) d'origine allergique (RAVAULT, VIGNON, Rhumatol., 1956, p.588).
[L'adj. indique la nature d'un organe ou d'un système lésé] Paralysie d'origine centrale, périphérique. Le diabète insipide d'origine rénale (BARIÉTY, COURY, Hist. méd., 1963, p.774). Des hyperfonctionnements hypophysaires peuvent être d'origine nerveuse, purement psychiques; c'est le cas des hyperthyroïdies (maladie de Basedow) secondaires à des émotions (QUILLET Méd. 1965, p.489). V. amour ex. 84.
C.Au sing., SC., TECHNOL. Point de référence.
1. MATH., PHYS. Point, instant, donnée à partir de quoi on mesure les coordonnées d'un point, un temps ou une grandeur physique quelconque. Origine d'un vecteur, d'une courbe, d'une demi-droite. Dans l'énoncé de ces propriétés, nous supposerons l'origine des coordonnées invariable, et nous y placerons toujours le centre des momens (POISSON, Mécan., t.1, 1811, p.112). Connaissant l'accélération du mouvement de rotation de la tête à chaque instant, nous en déduisons, par une intégration inconsciente, l'orientation finale de la tête, rapportée à une certaine orientation initiale prise pour origine (POINCARÉ, Valeur sc., 1905, p.136). Un instant que nous prendrons pour origine des temps (KOURGANOFF, Astron. fondam., 1961, p.69).
Méridien (d')origine. Méridien à partir duquel on calcule la longitude. Le méridien origine universellement adopté est celui de l'Observatoire de Greenwich, près de Londres (A.-B. DUVAL, HÉBRARD, Navig. aér., 1928, p.7).
2. ANAT., TECHNOL. Point d'insertion d'un organe, d'un dispositif. Une ligne semi-circulaire (...) naît de l'angle orbitaire externe de l'os frontal, se marque sur le bord inférieur du pariétal et se termine vers l'origine de l'apophyse mastoïde (CUVIER, Anat. comp., t.3, 1805, p.48). Chaque chaudière est munie (...) d'un robinet d'arrêt de vapeur, placé (...) à l'origine du tuyau de conduite de vapeur (Décret du 30 avril 1880 relatif aux appareils à vapeur) (SER, Phys. industr., 1890, p.268):
12. ... il peut être nécessaire de relier deux voies navigables que sépare un faîte élevé. On établira alors un canal à point de partage formé par deux canaux de pentes opposées ayant leur origine respective dans chacune des voies navigables qu'il s'agit de relier...
BOURDE, Trav. publ., 1929, p.325.
II. —Ce dont quelqu'un ou quelque chose est issu:
13. ... il semble qu'un désir obscur de retourner à ses origines gouverne l'univers. Les planètes, sorties du soleil, ne peuvent s'arracher au cercle de sa force, comme si elles voulaient s'y replonger. L'atome sollicite l'atome, et tous les organismes vivants, issus d'une même cellule, cherchent des organismes vivants pour refaire cette cellule en s'abîmant en eux.
FAURE, Hist. art, 1909, p.18.
A. —Ascendance, extraction, naissance (v. ce mot II A) d'un individu ou d'une collectivité. Au sing. ou au plur. Être fidèle à son origine; être fier de son origine; cacher, renier ses origines; manquer à ses origines; rompre avec ses origines. L'abbé Loraux m'a bien engagé (...) à rester modeste. Je me souviendrai de mon origine (BALZAC, C. Birotteau, 1837, p.198). Je vous raconterai mes campagnes, les origines de ma famille, les moeurs de la Flandre, mon pays (CLAUDEL, Soulier satin, 1944, 1re part., 1re journée, 5, p.957). V. extraction ex.7:
14. «Et maintenant, me diras-tu à ton tour, cette femme, qu'est-elle au juste?» Le sais-je bien moi-même? Et d'ailleurs, que m'importe! Que m'importe son passé et le mystère de ses origines, qu'elle soit la descendante avérée du Dieu des Mers et des sublimes Lagides, ou la bâtarde d'un ivrogne polonais et d'une fille du quartier Marbeuf.
BENOIT, Atlant., 1919, p.311.
(D')origine + adj. qualificatif. Origine ancienne, récente d'une famille; origine illustre, obscure, simple. [L'homme] se vante d'une origine supérieure; mais tout montre sa parenté avec les animaux; il naît comme eux, il se nourrit comme eux, il se reproduit comme eux, il meurt comme eux (A. FRANCE, Vie fleur, 1922, p.498). Nous sommes des Français de toute origine, de toute condition, de toute opinion, qui avons décidé de nous unir dans la lutte pour notre pays (DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p.628):
15. Les nations qui se reconnaissaient une origine commune, qui parlaient la même langue, sans renoncer à se faire la guerre entre elles, formèrent presque toujours une fédération plus ou moins intime...
CONDORCET, Esq. tabl. hist., 1794, p.31.
En partic.
[L'adj. fait réf. à une région, à une relig., à une catégorie soc.] Origine septentrionale d'une population; origine américaine, belge, écossaise; origine protestante; origine bourgeoise, populaire, prolétarienne. Sa mère (...) était d'origine noble (GONCOURT, Journal, 1894, p.638). Son élégance châtiait ses origines paysannes. Elles se retrouvaient entières dans sa vigilance à garder son bien (HAMP, Champagne, 1909, p.78):
16. L'«intelligenzia» polonaise est désormais en bonne partie juive; quelques-uns des meilleurs écrivains contemporains sont soit israélites, soit d'origine israélite.
Arts et litt., 1936, p.52-1.
[L'adj. fait réf. à un parti, à un niveau de culture, à une forme de société] Son doute est autre chose qu'un obscur et emphatique malaise: il a des origines scientifiques, s'exprime avec netteté et, pour être clair, n'en est pas moins émouvant (LEMAITRE, Contemp., 1885, p.47). Alexandre Millerand, un homme dont il s'était toujours méfié à cause de ses origines socialistes (ARAGON, Beaux quart., 1936, p.199). On trouve une propension à ces qualités et à ces défauts dans les groupements humains restés encore proches de leurs origines nomades, comme le groupe israélite (MOUNIER, Traité caract., 1946, p.82).
Origine + adj. de relation. Octroi des mêmes garanties à tous les travailleurs quelle que soit leur origine ethnique (MEYNAUD, Groupes pression Fr., 1958, p.290). Les sobriquets (...) proviennent, soit de particularités physiques ou morales, soit de l'origine géographique, soit du métier, soit de l'enfance ou d'une anecdote (L'Hist. et ses méth., 1961, p.709):
17. La Résistance française a été un haut lieu de partage culturel. Elle a permis à des hommes, quelle que soit leur origine sociale ou leur niveau d'instruction, de se révéler et d'acquérir une culture dont parfois ils n'avaient même pas soupçonné l'existence.
CACÉRÈS, Hist. éduc. pop., 1964, p.142.
P. méton. Les diverses origines ethniques qui composent la nation française (CASSOU, Arts plast. contemp., 1960, p.620).
Loc. adv. D'origine. Synon. de de naissance (v. ce mot I A 1 a ). Quoique fermier de naissance et paysan d'origine, il n'était (...) ni fin, ni rusé, ni même bien clairvoyant (SANDEAU, Mlle de La Seiglière, 1848, p.73).
Subst. + d'origine. Diversité d'origine. Il fallut plusieurs mois et le brassage égalitaire des circonstances pour que cette distinction d'origine s'abolît parmi nous (AMBRIÈRE, Gdes vac., 1946, p.223):
18. Si dans l'Antiquité, les philosophes, comme le vulgaire, pensaient à une pluralité d'origine, les doctrines juives et chrétiennes exposées dans la Bible établissaient, au contraire, l'unité d'origine des hommes quelle que soit leur couleur.
Hist. sc., 1957, p.1353.
♦[Le subst. désigne un lieu ou une structure sociale] Cadre d'origine d'un fonctionnaire. Adler a mis en évidence un refus du partenaire sexuel chez les individus qui, une fois mariés, restent plus attachés à leur famille d'origine qu'à leur foyer conjugal (MOUNIER, Traité caract., 1946, p.105):
19. Les salariés étrangers travaillant en France (...) ne peuvent bénéficier des contributions patronales et des allocations ou bonifications budgétaires que si des traités avec les pays d'origine garantissent à nos nationaux des avantages équivalents.
J. O., Loi sur retraites ouvr. et pays., 1910, p.2999.
B. —[Source, provenance d'une chose] Gén. au sing. Une ancienne tradition dont je ne sais plus retrouver l'origine dans ma mémoire (J. DE MAISTRE, Soirées St-Pétersb., t.1, 1821, p.284). Le néant est l'origine de toutes choses (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p.83). M. Ladourd, que l'on n'a pas pu ne pas inviter, malgré l'origine de sa fortune (honnête, mais obtenue dans les peaux de lapins) (H. BAZIN, Vipère, 1948, p.236). V. ascendance2 ex. 1, filiation ex.
(D')origine + adj. qualificatif. Origine grecque d'une peinture; origine céleste d'une doctrine; origine extraterrestre d'un rayonnement; origine épithéliale d'une cellule; livre d'origine sacrée; document d'origine publique, privée, calviniste, méthodiste. Qu'ils soient d'origine exogène ou endogène, ces lipides se présentent avec la même morphologie (J. VERNE, Vie cellul., 1937, p.108). Les lubrifiants (huile, graisse, etc...) sont d'origine minérale, végétale ou animale. Seuls les lubrifiants d'origine minérale sont utilisés couramment en automobile (CHAPELAIN, Techn. automob., 1956, p.158). V. dragon1 ex. 2, génome ex. de Cuénot:
20. ... les origines religieuses du droit pénal sont rendues manifestes et par de vieilles traditions, et par des pratiques archaïques qui subsistèrent très tard, et par la terminologie juridique elle-même.
DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p.59.
GÉOL., MINÉR. Origine marine, volcanique d'une terre; métal d'origine météorique, terrestre. Un dépôt de marnes et de molasses (d'âge miocène), d'origine lacustre ou fluviatile (VIDAL DE LA BL., Tabl. géogr. fr., 1908, p.364). Les substrats durs sont ceux évidemment qui sont constitués essentiellement de roches en place, qu'elles soient d'origine sédimentaire ou éruptive (J.-M. PÉRÈS, Vie océan, 1966, p.65).
Origine + adj. de relation. Je revendique (...) le droit (...) d'en revenir enfin aux origines étymologiques de la langue qui à travers des concepts abstraits évoquent toujours une notion concrète (ARTAUD, Théâtre et son double, 1938, p.121):
21. ... un mal (...) dont il serait idiot de vouloir déterminer l'origine géographique, car la peste d'Égypte n'est pas celle d'Orient (...) qui n'est pas celle de Florence, la noire, à laquelle l'Europe du Moyen Âge doit ses cinquante millions de morts.
ARTAUD, Théâtre et son double, 1938, p.27.
Subst. + d'origine. Communauté, lien d'origine. Il était né, hors de l'enceinte, de nouveaux faubourgs. À la différence des villages, ils n'avaient aucune ancienneté d'origine, pas la plus petite trace de noblesse (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p.201). La couleur du saphir dépend de son lieu d'origine (METTA, Pierres préc., 1960, p.74).
D'origine
Loc. adj. Qui garantit l'origine d'un produit. Appellation d'origine. Les fez, les turbans, les tarbouchs, les bonnets, les chapeaux, les toques à plumes et les tcharchafs sont autant d'étiquettes d'origine sur les têtes de tous ces hommes et de toutes ces femmes venus des pays les plus imprévus (FARRÈRE, Homme qui assass., 1907, p.14). Pour la plupart des auteurs anciens auxquels la géographie fait remonter ses titres d'origine, l'idée de contrée est inséparable de celle de ses habitants (VIDAL DE LA BL., Géogr. hum., 1921, p.3):
22. Cette phrase, je l'avais pensée, elle avait d'abord été un peu de moi-même. À présent, elle s'était gravée dans le papier, elle faisait bloc contre moi. Je ne la reconnaissais plus. Je ne pouvais même plus la repenser. Elle était là, en face de moi; en vain y aurais-je cherché une marque d'origine. N'importe qui d'autre avait pu l'écrire.
SARTRE, Nausée, 1938, p.125.
Loc. adv. Quant à son origine; par son origine. Un profond sentiment du catholicisme et des moeurs féodales respire dans tout ce théâtre [espagnol], vraiment national d'origine, de fond et de forme (GAUTIER, Tra los montes, 1843, p.291). Très peu de mots marins appartiennent au français d'origine; ils ont été empruntés aux langues germaniques et scandinaves, au provençal, à l'italien; mais leur naturalisation est parfaite (GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p.90).
DR. Origine de propriété. ,,Indications figurant dans tout acte de vente d'immeubles et mentionnant les actes en vertu desquels le vendeur est devenu propriétaire du bien aliéné, et ce en remontant dans le passé pendant une période aussi longue que possible`` (CIDA 1973).
REM. Originer (s'), verbe pronom. réfl. Faire remonter son origine. Le propre de l'Église est d'être à toute époque identique à son essence apostolique, de s'originer à la communauté du Christ et des douze (Philos., Relig., 1957, p.52-1).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) ) 1470 «point de départ de la naissance d'un individu, d'une famille, d'une race» (GEORGES CHASTELLAIN, OEuvres, éd. Kervyn de Lettenhove, t.7, p.461: Prince qui hayt remonstrance et doctrine, Plus est venu d'excellente origine; cf. aussi t.6, p.148: de haut sang et royale origine); ) 1611 «pédigree» (COTGR.); b) ) 1677 origine d'un mot (MIEGE d'apr. FEW t.7, p.416a); )1811 certificat d'origine (MOZIN-BIBER); 2. 1679 [éd.] math. (LATTIRE, Les Lieux géométriques, p.230). B. 1. a) 1541 «commencement, première apparition ou manifestation de quelque chose» (CALVIN, Institution chrétienne, éd. J. D. Benoit, t.1, p.67: la semence qui estoit bonne de son origine est tellement corrompue qu'elle ne produit que meschans fruits); b) 1650 plur. «commencements, formes anciennes d'une réalité qui se modifie» (MÉNAGE, Les Origines de la lang. françoise [titre]); 2.a) 1611 «ce qui explique l'apparition ou la formation d'un fait nouveau» (COTGR.); b) 1671 être l'origine de (qqc.) (POMEY). Empr. au lat. originem, acc. de origo «provenance, naissance, cause, principe», dér. de oriri «se lever, naître». Origine a supplanté la forme pop. orine «descendance, lignée» (GEFFREI GAIMAR, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 1173) qui s'est maintenue jusqu'au XVe s. dans la lang. littér. et encore en usage dans les parlers de l'Ouest (cf. FEW t.7, pp.414b-415a). Fréq. abs. littér.:5359. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 9134, b) 4604; XXe s.: a) 6735, b) 8478.

origine [ɔʀiʒin] n. f.
ÉTYM. XVe; réfection orine 1138; du lat. originem, accusatif de origo, inis, de oriri « se lever, naître ».
———
I
1 Ancêtres ou milieu humain auquel remonte la généalogie d'un individu, d'un groupe (que l'on considère la race ou la nationalité). Ascendance, extraction, famille, filiation, parenté, souche, tronc. || Origine ancienne, attestée par la généalogie. Ancienneté. || L'origine de sa famille remonte aux croisades. || Tirer son origine d'un ancien baron (cit. 2). Descendre. || De noble, de modeste, de basse origine. Descendance, étage (vx), lieu (vx). → Arriver, cit. 67; humilier, cit. 21. || Les origines populaires de quelqu'un. || Tenir quelque chose de son origine, garder la marque, l'empreinte de ses origines.le prov. La caque sent toujours le hareng. || Assemblée homogène (cit. 3) composée d'hommes de même origine. || Communauté d'origine. || Complexité d'origine (→ Double, cit. 6). || Il est d'origine française, irlandaise… || L'origine européenne des habitants des États-Unis (→ Angliciser, cit. 1). || Nationalité d'origine (→ Français, cit. 4). || Son pays d'origine (→ Immigrer, cit.; isolationnisme, cit.). Terroir. || Être de Normandie, d'origine normande. 1. De. || Garder sa complexion ethnique et son tempérament d'origine (→ Internationaliste, cit. 1). || Une population présumée de la même origine. Nation (1.; vieilli); → Nationalité, cit. 3. || Les villes latines (cit. 1) avaient une origine commune avec les Romains.(En parlant d'animaux). Pedigree.
1 Vous ne savez encor de quel père il est né,
Quel il est. — On le craint, tout est examiné.
À d'illustres parents s'il doit son origine,
La splendeur de son sort doit hâter sa ruine.
Racine, Athalie, II, 6.
2 Deux chats qui descendaient du fameux Rodilard,
Et dignes tous les deux de leur noble origine (…)
Florian, Fables, II, 9.
3 L'Héloïse du XIIe siècle était une pauvre orpheline, d'origine incertaine, mais de naissance cléricale et monastique.
Michelet, Hist. de France, IV, IV.
4 Il n'y a pas en France dix familles qui puissent fournir la preuve d'une origine franque, et encore une telle preuve serait-elle essentiellement défectueuse, par suite de mille croisements inconnus qui peuvent déranger tous les systèmes des généalogistes.
Renan, Discours et conférences, Œ. compl., t. I, p. 892.
5 On sentait son origine paysanne, assez basse, à ses vêtements.
Aragon, les Beaux Quartiers, II, XV.
2 Temps, milieu d'où vient (une chose). || Origine populaire d'une légende (→ Exergue, cit. 3). || Messianisme d'origine chrétienne et bourgeoise. (→ Issu, cit. 3). || Les origines grecques de la gnose (→ Judaïque, cit.). || La jota (cit. 2) est d'origine basque.Origine des mots, des formes de la langue. Étymologie (cit. 2 et 4); dérivation. || L'origine des mots ahurir (cit. 2), avérer (cit. 11), caprice (cit. 11), désormais (cit. 5), discursif (cit. 3), ironie (cit. 1). || Origine et descendance d'un mot (→ Filiation, cit. 3; monographie, cit. 2). || Mots d'origine savante, populaire… Dérivation. || Mots d'origine grecque, latine, germanique, française… (→ H, cit. 4 et 6; maint, cit. 1). Issu; tirer (être tiré de), venir.
6 Les noms des rivières, noms très anciens dont nous ignorons l'origine, seraient dans ce cas des noms ligures. Ce ne sont que des conjectures.
Ch. Seignobos, Hist. sincère de la nation franç., p. 11.
3 (Spatial). Point de départ de ce qui est envoyé. Provenance. || L'origine d'un message, d'un appel téléphonique. Spécialt. Comm. || Certifier l'origine d'un produit (→ Label, cit. 1), l'endroit, l'entreprise où il est fabriqué, d'où il est expédié. || Certificat d'origine. || Appellation (cit. 3) d'origine. || Marchandise d'origine.
4 Sc. nat. Point d'où part, où commence un organe. Départ (point de). || Nerfs ayant leur origine dans la moelle (cit. 8) épinière, dans la région du bulbe (cit. 2).
Géom. Point à partir duquel on compte les coordonnées.Astron. Point à partir duquel on compte la latitude et l'ascension droite. || Méridien d'origine, à partir duquel on évalue la longitude.
———
II
1 Commencement, première apparition ou manifestation. Création, naissance. || L'origine d'une chose, d'un être, du soleil, de la Terre. || À l'origine du monde (→ Mythe, cit. 2), des choses (→ Fixiste, cit. 1), des sociétés (→ Approprier, cit. 5).Depuis l'origine des choses (→ Architecture, cit. 2), du monde (→ Dérouler, cit. 5), des temps (→ Infatigablement, cit. 1). Commencement.Considérer l'homme dès son origine (→ Embryon, cit. 4). || Dès l'origine du christianisme (→ Hérésie, cit. 2), de la médecine (cit. 1).La géométrie (cit. 2), imparfaite dans son origine. Berceau; aurore, enfance, nid.Traditions fabuleuses (cit. 4) qui font remonter l'origine de l'Université au temps de Charlemagne. || À partir d'une origine vers une fin (→ Gagner, cit. 29).
À l'origine (→ Assujettir, cit. 9; genre, cit. 23; hindouiste, cit.; judaïsme, cit. 1). Début. — ☑ Dès l'origine (→ Fraternel, cit. 1; guérir, cit. 25; hiéroglyphe, cit. 2; jeu, cit. 85; 2. mal, cit. 13).Depuis l'origine de…Vx. || Dans l'origine (→ Métier, cit. 1).
7 Les vacances, créées à l'origine pour la magistrature (le mot désigne le temps où le tribunal « vaque »)…
Ch. Seignobos, Hist. sincère de la nation franç., p. 270.
8 (…) Mme de Fontanin, avec sa bible, dans ce vieux fauteuil de velours vert éternellement tourné de biais pour mieux recevoir le jour de la fenêtre, lui semblait assise là depuis l'origine des temps (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. VIII, p. 48.
… d'origine. || Destination (cit. 1), habitat (cit. 2) d'origine, originels, primitifs.Spécialt. Qui provient authentiquement du lieu, de l'époque prétendue. || De la vodka russe d'origine. || Vermouth italien d'origine.
8.1 Ces yeux se posèrent avec fierté sur la haute cheminée qui, elle, était d'origine. Une vraie pièce de musée, dans la robuste simplicité de ses pierres blanches.
H. Troyat, les Eygletières, p. 7.
(Au pluriel). Commencements, formes anciennes d'une réalité qui se modifie. || La connaissance des origines de la race aryenne (cit. 1). || Depuis les origines de la vie jusqu'aujourd'hui (cit. 29). || Les origines d'une langue (→ Grammaire, cit. 9). || Les origines du grotesque (cit. 18). || La technique des icones (cit. 2) n'a guère varié depuis les origines. || Percer les origines de l'esprit humain (→ Immiscer, cit. 3).
9 Une histoire des Origines du Christianisme devrait embrasser toute la période obscure (…) qui s'étend depuis les premiers commencements de cette religion jusqu'au moment où son existence devient un fait public, notoire, évident aux yeux de tous.
Renan, Vie de Jésus, Introd., Œ compl., t. IV, p. 41.
2 Ce qui explique l'apparition ou la formation (d'un fait nouveau, ou d'une réalité nouvelle).
10 Origine ne peut se dire que d'un commencement dans le temps, d'un premier fait : dans le problème dit de l'origine des idées, il ne saurait s'appliquer au rapport des formes a priori, à la matière qu'elles organisent, puisqu'il n'y a pas passage, dans le temps, de celles-là à celle-ci; dans le problème dit de l'origine du mal, il ne convient qu'à une première faute, comme serait une chute angélique ou humaine : une raison métaphysique, comme « l'imperfection naturelle des créatures », ne doit pas être appelée de ce nom. Dans l'un et l'autre cas il faut dire principe.
J. Lachelier, in A. Lalande, Voc. de la philosophie.
11 L'étude que nous entreprenons est donc une manière de reprendre (…) le vieux problème de l'origine des religions. Certes si par origine on entend un premier commencement absolu, la question n'a rien de scientifique et doit être écartée (…) Tout autre est le problème que nous nous posons. Ce que nous voudrions, c'est trouver un moyen de discerner les causes, toujours présentes, dont dépendent les formes les plus essentielles de la pensée et de la pratique religieuse. Or ces causes sont d'autant plus facilement observables que les sociétés où on les observe sont moins compliquées. Voilà pourquoi nous cherchons à nous rapprocher des origines.
E. Durkheim, les Formes élémentaires de la vie religieuse, p. 11.
a En parlant d'une origine que l'on peut situer ou concevoir dans le temps (l'idée de causalité étant présente mais non essentielle). Embryon, germe, noyau, racine, source. || L'origine d'une institution (→ Bénéfice, cit. 6; charte, cit. 2; forme, cit. 38), d'une coutume, d'un usage, d'une révolution (→ Fronde, cit. 2). || L'origine d'une fortune, d'embarras (cit. 10) financiers.
À l'origine de… || Des conflits affectifs sont à l'origine de certaines névroses (→ Hystérique, cit. 3). Déterminer. || Trouver un choix à l'origine d'une vocation (→ Indifférencié, cit. 2). || Ces livres sont à l'origine de toute une littérature (→ Exotisme, cit. 3).Problème de l'origine de la vie (→ Fonctionnement, cit. 1), du langage (→ Linguiste, cit. 1), des lettres (cit. 3).Au plur. || Les origines du christianisme (cit. 8).Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, œuvre de Rousseau.Dr. || Origine de propriété.
12 Ce diplôme fut à l'origine de sa définitive réussite.
Céline, Voyage au bout de la nuit, p. 77.
b (En parlant de la cause du phénomène considéré et sans fixer un moment dans le temps). Base, cause, fondement, principe, raison (d'être). || Dieu considéré comme l'origine du monde. Créateur, créer. || L'épargne (cit. 9) est l'origine du capital. || Les gouvernements tirent leur origine de… (→ Forme, cit. 38). || Une certaine curiosité est à l'origine de l'histoire (cit. 3). Mère. || Origine des idées religieuses, des religions (→ Homme, cit. 58 et 59). || Problème de l'origine du mal (→ ci-dessus, cit. 10). || Ce qui se raconte de miraculeux (cit. 1) a son origine dans l'imagination. Découler, dériver, naître, partir, procéder, provenir, sortir, venir.Cette expression risque d'être à l'origine de confusions (→ Industrie, cit. 10).
13 On ne tarit pas sur la discussion des lois, on répète religieusement le parlage des Assemblées. Mais les grands mouvements sociaux qui les décidèrent, ces lois, qui en furent l'origine, la raison, la nécessité, à peine une ligne sèche les rappelle au souvenir.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., III, X.
14 Tant de légèreté cynique, d'indifférence monstrueuse de l'esprit à l'origine du plus grand combat spirituel ? Comme c'est triste de pouvoir même se poser la question !
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. III, II, p. 31.
(Avec un adjectif). || Les marionnettes (cit. 2) ont une origine pieuse, ont leur origine dans la piété. || L'hypothèse de l'origine ignée du granite (cit. 4). || Origine olfactive, auditive… de certains réflexes (→ Hypophyse, cit. 2). || Psychose maniaque d'origine constitutionnelle (→ Manie, cit. 2). || Complications (cit. 5) nerveuses d'origine sexuelle.
c Genèse; génération. REM. Genèse s'oppose à origine, en tant que toute genèse suppose une réalité préexistante et un point de départ qui en est l'origine; mais, en d'autres cas, origine s'entend en un sens relatif qui en fait un synonyme de genèse; par ex. Darwin, « Origin of species » (Lalande). — Problème de l'origine des espèces, de la diversité génétique (cit. 1) de l'espèce. || L'origine, les origines de l'homme (cit. 7 et 8; → Histoire, cit. 11). || L'origine de nos connaissances. || L'origine d'une œuvre littéraire.
CONTR. Fin, mort. — But, effet. — Destination.
DÉR. Originer (s').

Encyclopédie Universelle. 2012.

Regardez d'autres dictionnaires:

  • origine — ORIGINE. s. f. Principe ou commencement de quelque chose. L origine du monde. dés sa premiere origine. sçavez vous l origine de cette coustume, de cette ceremonie. l origine de ses malheurs vient de ce que &c. il faut aller à l origine, remonter… …   Dictionnaire de l'Académie française

  • origine — ORÍGINE, origini, s.f. 1. Punct de plecare pentru formarea unui lucru, a unui fenomen; început, provenienţă; izvor, obârşie. ♢ loc. adj. De origine = a) de provenienţă, de natură; b) originar. 2. Apartenenţă prin naştere la o anumită familie, la… …   Dicționar Român

  • origine — /o ridʒine/ s.f. [dal lat. origo ĭnis, der. di oriri alzarsi, nascere, provenire ]. 1. a. [con valore temporale, momento iniziale di qualcosa: l o. del linguaggio ] ▶◀ avvio, esordio, genesi, inizio, nascita, principio, punto di partenza, radice …   Enciclopedia Italiana

  • origine — Origine, Origo, Initium …   Thresor de la langue françoyse

  • origine — (o ri ji n ) s. f. 1°   Principe d où quelque chose provient. •   La coutume de voir les rois accompagnés de gardes, de tambours, d officiers.... imprime le respect et la terreur.... et le monde, qui ne sait pas que cet effet a son origine dans… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • ORIGINE — s. f. Principe ou commencement de quelque chose. L origine du monde. Savez vous l origine de cette coutume, de cette cérémonie ? Cet usage tire son origine d une coutume de l antiquité. On ne connaît pas l origine de sa fortune. Chercher,… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • ORIGINE — n. f. Principe ou commencement de quelque chose. L’origine du monde. Savez vous l’origine de cette cérémonie? Cet usage tire son origine d’une coutume de l’antiquité. L’origine de sa fortune est suspecte. Chercher, découvrir, trouver, révéler… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • Origine — Pour les articles homonymes, voir origine (homonymie). L origine (du latin origo, « la source ») est au premier abord le moment initial de l apparition d une chose, c est à dire la naissance historique de cette chose, le commencement de …   Wikipédia en Français

  • origine — o·rì·gi·ne s.f. AU 1. principio, prima manifestazione da cui inizia o deriva qcs.; inizio: l origine della lingua italiana, l origine dell universo; una tradizione di antichissima origine, che risale a epoche remote | al pl., momento o fase… …   Dizionario italiano

  • Origine — Dieser Artikel wurde auf den Seiten der Qualitätssicherung eingetragen. Bitte hilf mit, ihn zu verbessern, und beteilige dich bitte an der Diskussion! Folgendes muss noch verbessert werden: WP:Wikifizieren: Kategorien fehlen MerlBot 07:46,… …   Deutsch Wikipedia


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.